La Loi Lemoine décryptée

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La Loi Lemoine décryptée

Abdoulaye Samb

02/06/22 - La Loi Lemoine décryptée

GILBERT ROUX Les #RDVExperts s'intéressent aujourd'hui à un événement qui a eu lieu en février de cette année et qui est passé quelque peu inaperçu aux yeux du grand public, mais qui a fait grand bruit chez les assureurs et leurs partenaires, particulièrement ceux qui offrent une gamme assurance emprunteur. Il s'agit de la loi Lemoine. L'objectif annoncé de cette loi est de permettre un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l'assurance emprunteur. Alors pour tout savoir sur la loi Lemoine et pour en connaître les conséquences sur les nouveaux contrats et les contrats existants, j'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui au micro des #RDVExperts un expert justement de la question en la personne d’ABDOULAYE Samb. Bonjour, ABDOULAYE, bienvenue.

ABDOULAYE SAMB Bonjour, Gilbert.

GILBERT ROUX C'est une première pour vous.

ABDOULAYE SAMB Exactement.

GILBERT ROUX Abdoulaye, vous êtes responsable du service juridique protection chez BNP Paribas Cardif. On a tous été très surpris par la soudaineté de cette loi et de son application puisque, rappelons-le, la loi Lemoine a été votée en février et avec une mise en application dès le mois de juin de la même année, ce qui est quand même assez rare. Quelle est votre analyse sur cette situation exceptionnelle ? Et surtout, est-ce que cette loi apporte quelque chose de plus par rapport à la loi Hamon ou à l'amendement Bourquin ?

Quel est l’apport de la Loi Lemoine par rapport à la législation précédente ?

ABDOULAYE SAMB Cette loi apporte beaucoup plus par rapport à la loi Hamon. Si on remonte un petit peu à la loi Lagarde, par exemple, qui est venue consacrer à l'époque la possibilité de faire de la délégation d'assurance, c’est-à-dire de prendre une assurance emprunteur différente de l'assurance groupe proposée par la banque. On a eu la loi Hamon qui est venue permettre au client, dans les 12 premiers mois de la souscription de l'assurance, de pouvoir la résilier pour un nouveau contrat d'assurance chez un autre assureur. On a eu l'amendement Bourquin avec la loi Sapin 2, qui est venu aussi consacrer la possibilité de résilier chaque année l'assurance emprunteur pour pouvoir passer chez un autre assureur. Il y a eu une tentative avortée, on va dire, avec la loi ASAP en 2020, qui était censée faciliter encore davantage l'exercice de la résiliation en imposant aux assureurs de rappeler chaque année au client la date d'échéance annuelle pour exercer la faculté de résiliation annuelle consacrée par l’amendement Bourquin. Cette loi, qui avait été votée, a ensuite été retoquée par le Conseil constitutionnel. Donc nous, acteurs du marché, étions en attente d'une nouvelle loi qui va reprendre ces dispositions-là. On a eu la loi Lemoine, qui au départ devait traiter le point relatif à la résiliation à tout moment du contrat d'assurance. Soudainement, elle a beaucoup évolué. Elle a évolué dans le sens où, elle permet également de pouvoir adhérer à l'assurance sans faire de formalités médicales, mais aussi, elle a élargi les conditions du droit à l'oubli.

GILBERT ROUX Alors, c'était une surprise sans pour autant l'être. C'est juste la mise en application qui a été plus rapide que ce à quoi on s'attendait, en fait.

Qu’est-ce qui vous paraît surprenant dans la sortie de cette loi ?

ABDOULAYE SAMB La surprise tient au fait que, au départ, on s'attendait à une loi qui va venir, comme les précédentes, apporter des mesures pour faciliter le changement d'assurance, mais là, elle apporte aussi des mesures qui rentrent dans le contrat d'assurance. Le fait de supprimer les formalités médicales dans certaines conditions, c'est une mesure qui est totalement inédite. Également, le fait d'élargir le champ d'application du droit à l'oubli, c'est une mesure qui n'était pas attendue par rapport à tout ce qu'on avait vu auparavant.

GILBERT ROUX Alors on va rentrer dans le détail de chacune de ces mesures. La mesure la plus inédite finalement de cette loi, c'est ce que vous nous disiez tout à l'heure, c'est que la faculté de résiliation a été renforcée.

Une mesure inédite sur la résiliation

ABDOULAYE SAMB Inédite, pourquoi ? Parce qu'au départ dans les contrats d'assurance, soit on a un droit de rétractation de 30 jours soit de 14 jours selon les cas, à compter de la conclusion du contrat. Ensuite, au-delà de la première année, le client a la possibilité de résilier son contrat à date d'échéance ou à tout moment selon le type de contrat dont on parle. Avec cette loi, on va avoir un contrat d'assurance qui va devenir de facto, dès sa conclusion, résiliable. Donc ça veut dire que le client qui souscrit demain un contrat d'assurance emprunteur peut résilier ce contrat-là dans les jours qui suivent, dans les mois qui suivent, voire dans les années qui suivent. Pour le coup, c'est une mesure qui est totalement inédite sur le marché de l'assurance.

GILBERT ROUX Passons maintenant à la mesure phare. Il s'agit de la suppression des formalités médicales, vous l'aviez également évoqué tout à l'heure en introduction de ce podcast.

Une mesure phare : la suppression des formalités médicales

ABDOULAYE SAMB Pour les contrats d'assurance qui couvrent des crédits d'un montant de 200 000 euros et pour lesquels l'échéance de remboursement arrive avant le 60e anniversaire de l'emprunteur, l'assureur n'a plus le droit de poser des questions relatives à l'état de santé du client ou de recueillir des informations médicales le concernant.

GILBERT ROUX Les formalités médicales ont des incidences certaines sur les contrats d’assurance emprunteur et parmi ces incidences Abdoulaye, il y a le fameux droit à l'oubli. Alors, comment fonctionne le droit à l'oubli dans cette nouvelle loi Lemoine ?

La Loi Lemoine et le droit à l’oubli

ABDOULAYE SAMB Pour commencer, qu'est-ce que le droit à l'oubli ? Le droit à l'oubli, c'est un droit qui est donné au client de ne pas déclarer de pathologie cancéreuse, donc avant la loi Lemoine, si le protocole thérapeutique s'est terminé depuis un certain délai : 5 ans si la pathologie a été diagnostiquée avant ses 21 ans ou 10 ans si la pathologie a été diagnostiquée après ses 21 ans. Avec la loi Lemoine, il n'y a plus qu'un seul délai de 5 ans qui est appliqué. Donc ça veut dire que 5 ans après la fin du traitement, on ne pourra plus, le client ne devra plus donner d'informations médicales relatives à cet état-là à son assureur. Donc ça, c'est une mesure qui, pour le coup, est une vraie avancée dans l'intérêt des clients. Il y a également un autre point. Jusque-là, le droit à l'oubli concernait les pathologies cancéreuses. Avec les avancées médicales qui ont eu lieu, l'hépatite C a été intégrée. Un autre point que la loi Lemoine a également apporté, c'est que les acteurs de la convention AERAS sont tenus de mener des réflexions, des négociations pour voir s’ils ne pourraient pas ajouter d'autres pathologies chroniques à la liste déjà existante de pathologies listées par la convention AERAS.

GILBERT ROUX On vient de voir 3 points importants de cette loi Lemoine, c'est-à-dire la faculté de résiliation, la suppression des formalités médicales et on vient de terminer sur ce droit à l'oubli qui a été élargi à d'autres pathologies. Alors, maintenant, la question que tout le monde se pose, Abdoulaye, c'est comment tout cela va rentrer en vigueur et en pratique pour les contrats à la fois existants et les contrats qui seront souscrits dans les semaines et les mois qui viennent ?

Concrètement, comment tout cela va rentrer en vigueur ?

ABDOULAYE SAMB On peut d'ores et déjà noter que pour le droit à l'oubli, les mesures relatives sont entrées en vigueur depuis le 1er mars 2022. Donc au lendemain de la publication de la loi. En ce qui concerne la résiliation à tout moment, la loi Lemoine a posé deux dates pour l'entrée en vigueur. D'abord au 1er juin 2022 pour les nouveaux contrats, ensuite au 1er septembre pour les contrats qui seront en cours d'exécution à cette date-là. Donc ça veut dire qu'au 1er septembre, sur le marché français, tous les contrats d'assurance emprunteur pourront être résiliés à tout moment par les clients. Ensuite, en ce qui concerne la suppression des formalités médicales, là également, cette mesure va entrer en vigueur à partir du 1er juin 2022. Donc ça voudra dire également qu'à cette date, pour toutes les nouvelles adhésions à des contrats d'assurance emprunteur, si les conditions que j'ai citées sont réunies, il faudra que les clients adhèrent sans devoir répondre au questionnaire de santé existant dans ces contrats-là.

GILBERT ROUX Voilà pour les dates d'entrée en vigueur de ces différentes mesures. Maintenant, on va parler du champ d'application et quels sont les contrats évidemment qui sont concernés par les mesures que nous venons d'évoquer de la loi Lemoine.

Quel est le champ d’application et quels sont les contrats concernés ?

ABDOULAYE SAMB En ce qui concerne la résiliation à tout moment du contrat d'assurance, celle-ci va s'appliquer aux contrats d'assurance emprunteur souscrits par des consommateurs, pour des crédits à usage d'habitation ou à usage mixte habitation et professionnel. En ce qui concerne ensuite la suppression des formalités médicales, c'est le même champ d'application, à savoir les mêmes contrats d'assurance. Il y a d'autres conditions qui sont posées par la loi. Je vais les rappeler. La première, c'est le fait qu'il doit s'agir d'un prêt immobilier octroyé à un consommateur. Ensuite, la part assurée des encours des crédits ne doit pas dépasser 200 000 euros. Et le crédit concerné par le contrat d'assurance doit arriver à échéance avant le 60e anniversaire de l'assuré Enfin, en ce qui concerne le droit à l'oubli, les conditions qui sont prévues, ce sont les conditions déjà initialement définies par la convention AERAS. Donc sur la nature du prêt, ça va être les prêts à la consommation, les prêts professionnels, mais également les prêts immobiliers. Ensuite, l'autre condition, c'est que l'échéance du contrat d'assurance emprunteur doit intervenir avant les 71 ans de l'emprunteur.

GILBERT ROUX Voilà, je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à dire sur la loi Lemoine. Nous aurons l'occasion d'en reparler lors d'un prochain podcast. Merci, en tous cas d'être venu partager votre expertise avec nous Abdoulaye Samb, et à très bientôt.

ABDOULAYE SAMB Merci, Gilbert, et à bientôt.

Citation
Au départ, on s'attendait à une loi qui va venir, comme les précédentes, apporter des mesures pour faciliter le changement d'assurance, mais là, elle apporte aussi des mesures qui rentrent dans le contrat d'assurance . Abdoulaye Samb
 

Abdoulaye Samb

Intervenant

Diplômé en Droit des assurances, Abdoulaye Diop Samb débute sa carrière en tant que juriste référent Epargne, avant de devenir Responsable du service juridique produits protection au sein de BNP Paribas Cardif.

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La cybersécurité, l’affaire de tous

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La cybersécurité, l’affaire de tous

Awa Ndiaye et Cécile Poulley

02/07/26 - La cybersécurité, l’affaire de tous

Communication à caractère publicitaire

Gilbert Roux : Saviez-vous que les cyberattaques touchent toutes les structures ? En 2026, une PME française est touchée toutes les deux minutes et selon l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'information) et son panorama 2025, 48 % des victimes de rançongiciels en France sont des PME ou des TPE. Autant dire que dans les métiers du courtage et de la gestion de patrimoine, où la donnée client est centrale, le sujet devient évidemment stratégique. Pour en parler, j'accueille Awa Ndiaye et Cécile Pouilley de BNP Paribas Cardif. Awa bonjour, merci d'être avec nous.

Awa Ndiaye : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Awa, vous travaillez au sein des équipes digitales dédiées aux activités de courtage chez BNP Paribas Cardif. Vous avez une forte proximité terrain auprès des CGP et des courtiers, et vous êtes également spécialisée dans la cybersécurité et ses enjeux dans les écosystèmes très interconnectés comme ceux du courtage. Et à vos côtés, Cécile Pouilley. Bonjour Cécile,

Cécile Pouilley : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Cécile, vous travaillez au sein des équipes sécurité de BNP Paribas Cardif et votre rôle est d'accompagner les équipes informatiques pour la sécurisation de leur écosystème le principal enjeu étant la protection, des données clients et des partenaires et d'évaluer tous les risques qui tournent autour de la cybersécurité. Commençons, si vous le voulez bien, par un état des lieux, ou plutôt un état de la menace, devrais-je dire. Quand on parle de cybersécurité aujourd'hui, est-ce qu'on parle encore des hackers très sophistiqués et très stéréotypés ? Et j'ajouterai, pourquoi les PME et les TPE sont-elles devenues des cibles privilégiées ?

Comment décrire l’état actuel de la menace en matière de cybersécurité ?

Awa Ndiaye : Beaucoup pensent que les cyberattaques ne concernent que les grandes entreprises. En réalité, les PME et les TPE sont un peu comme des maisons dans un quartier résidentiel et les cambrioleurs, finalement, ne vont pas attaquer forcément la villa la plus grande, la plus luxueuse. Ils vont plutôt passer par la maison dont la fenêtre est ouverte. Les cybercriminels visent particulièrement les PME TPE parce que c'est plus simple : elles ont beaucoup moins de protection, elles sont moins sensibilisées aux enjeux cyber, et souvent, la personne qui s'occupe de l'informatique en plus fait son métier, son activité principale, donc c'est très compliqué, et en plus, elle manipule des données très sensibles, notamment les données clients, des données financières, des données patrimoniales. Parallèlement à ça, aujourd'hui, les cyberattaquants massifient leurs attaques, ce qui fait qu'ils ne passent pas par une seule porte, mais tentent toutes les portes. Donc typiquement, au travers d'un mail piégé, d'une usurpation d'identité, d'une fraude bancaire. Cela devient de plus en plus compliqué, mais il ne faut surtout pas s'inquiéter, les bons réflexes permettent de réduire ce risque et de limiter les impacts liés à une cyberattaque pour ces entreprises.

Gilbert Roux : Très bien, Merci pour ce panorama de l'état de la menace. Cécile, vous êtes au cœur du dispositif sécurité. Comment, quand on est un grand groupe comme BNP Paribas, on se prépare face à ce niveau de menace qui on l'a vu est à la fois élevé et permanent ?

Comment se prépare BNP Paribas Cardif face à cette menace permanente ?

Cécile Pouilley : Alors déjà, tout simplement, on va devoir s'appuyer sur la réglementation, qu'elle soit française, européenne, mais également sur la réglementation financière. On va vraiment appliquer les règles à l'état de l'art, et en étant un grand groupe, on a la chance d'avoir des équipes cyber dédiées avec des pôles d'expertises. La cybersécurité, c'est assez vaste. Il y a des équipes très techniques et des équipes plutôt axées gouvernance et on va mettre en place des outils, des process au sein de l'entreprise pour se protéger au mieux, vérifier également que des attaquants n'essayent pas de rentrer chez nous et puis, en interne, qu’il n'y ait pas de fuites de données par exemple. On va mettre en place des mesures de protection et je pense que, plus c'est simple d'utilisation, plus ça rentre dans notre quotidien, plus c'est facile. Je vais vous donner un exemple avec l'authentification forte. On va avoir plusieurs facteurs d'authentification et cela va permettre en fait tout simplement une meilleure maîtrise de son système. Ce qu'il faut savoir également, c'est que la cyber, ce n'est pas quelque chose qui est dédié aux équipes techniques, c'est en fait l'affaire de tous au quotidien et donc la clé, c'est la sensibilisation de chacun. Par exemple, il y aura des campagnes de phishing (appelé également hameçonnage) : lorsqu'on est collaborateur et qu'on clique sur un mail, comme quand on reçoit, même dans le cadre perso, ces faux SMS ou emails avec ces fameux liens, une fois qu'on a cliqué dessus, je pense qu'on est plus vigilant. Le risque zéro n'existe pas, et en passant par les bons gestes, que ce soit dans la vie professionnelle ou personnelle, on peut améliorer cette cybersécurité.

Gilbert Roux : La double authentification ou l'authentification forte, c'est un sujet qui concerne beaucoup les partenaires CGP et courtiers. Awa, vous avez beaucoup échangé avec eux sur le terrain. Aujourd'hui, où en sont réellement les CGP et les courtiers sur ces sujets de cybersécurité ? Est-ce qu'ils sont très sensibles à cela ?

Où en sont les CGP et courtiers sur ces sujets de cybersécurité ?

Awa Ndiaye : Je pense qu'on est à un moment un peu charnière parce que dans le milieu financier, et plus particulièrement pour les CGP et les courtiers, il y a une prise de conscience de l'or qu'ils ont entre les mains : les données de leurs clients et la confiance qui va avec. Par rapport à ce moment clé, je pense qu'il y a un problème de maturité autour des sujets de cybersécurité, mais il y a une vraie conscience. Ce qu'on peut voir sur le terrain c'est qu'ils ne savent pas par où commencer. Plus globalement, on passe d'un sujet qui était purement vu comme un sujet technique, comme un sujet inaccessible et que pour les grandes entreprises, à un sujet qui devient un enjeu stratégique et qui peut avoir un impact non seulement sur la réputation de l'entreprise, mais aussi sur la cessation d'activité.

Gilbert Roux : Impossible de parler cybersécurité sans parler d'intelligence artificielle. Cécile, est-ce que l'IA qu'on utilise quasiment tous aujourd'hui est une opportunité supplémentaire ou est-ce que vous considérez l'IA comme un nouveau facteur à risque ?

L’IA, un nouveau facteur de risque ?

Cécile Pouilley : Il y a encore cinq ou six ans, l'IA, c'était quelque chose de totalement inaccessible, voire inconnu pour une grande partie de la population. Aujourd'hui, n'importe qui peut y avoir accès sur son téléphone ou son ordinateur. Donc je pense que c'est un véritable outil d’aide pour l'amélioration des performances, de la réactivité. En revanche, il faut garder en tête également que ça peut être un facteur de risque dans le sens où, maintenant, on fait attention aux mails qu'on envoie avec les données qu'on peut envoyer. On ne va pas envoyer un mail à n'importe qui avec ses données client ou des données sensibles par exemple. En revanche, avec l'IA, il y a encore cette notion de sensibilisation à prendre en compte et il faut garder en tête que plus on va anonymiser ses données dans l'IA, plus on va faire attention à ce qu'on y met, et plus ça va nous permettre en fait, de l'utiliser comme une aide et non pas comme un facteur de risque.

Gilbert Roux : Awa, je voudrais qu'on revienne sur l'accompagnement des partenaires, parce que c'est un point important chez BNP Paribas Cardif. Vous travaillez justement à une initiative pour accompagner en matière de cybersécurité les partenaires CGP et courtiers. Alors, en quelques mots, en quoi ça consiste ?

Vous travaillez sur un accompagnement cybersécurité dédié à nos partenaires CGP et courtiers ?

Awa Ndiaye : L'initiative qui a été lancée, c'est vraiment dans le but de mettre à disposition des CGP et des courtiers des éléments autour de la cybersécurité qui soient lisibles, qui soient compréhensibles et qui puissent leur servir directement au quotidien. Donc cette offre, elle se base sur trois grands piliers. Le premier pilier concerne tout ce qui va tourner autour de la connaissance de la menace, donc de la sensibilisation. Le deuxième pilier, c'est savoir où on en est en termes de cybersécurité, donc des audits, des diagnostics, qui permettent de faire un état des lieux de sa sécurité, de son entreprise. Et le troisième pilier, c'est quel outil je dois mettre, quel processus je dois mettre pour pouvoir me protéger. Donc ce catalogue de services, on va le mettre à disposition au travers du portail qui est dédié aux conseillers en gestion de patrimoine et courtiers chez Cardif. Ce catalogue regroupera différents types de produits, de l'outillage, de la sensibilisation et de l'accompagnement.

Gilbert Roux : Il est clair que votre objectif n'est pas de faire des partenaires CGP et courtiers des experts en cybersécurité, mais au contraire de leur donner les bons outils.

Awa Ndiaye : Exactement. L'objectif, c'est vraiment de donner les bons outils, et aujourd'hui, c'est un élément stratégique de garantir à ses clients, à ses partenaires, que leurs données, on en prend soin, elles sont sécurisées et tous les échanges sont sécurisés. C'est vraiment un point clé de confiance, de gestion du risque pour éviter tout arrêt d'activité.

Quand on subit une cyberattaque, il faut avoir un plan. Et la problématique, souvent, c'est que la plupart des entreprises qui ne sont pas habituées à ces sujets-là n'ont pas de plan et ne savent pas, finalement, les étapes à suivre pour pouvoir atténuer le risque, accompagner l'entreprise dans cette situation de crise. Donc, ça fait partie des sujets de sensibilisation qu'il faut mener et avoir un plan en cas d'attaque. En cas d'incendie, il faut avoir un plan. C'est exactement la même chose en cas de cyberattaque.

Gilbert Roux : Alors, nous arrivons au terme de ce podcast. Mais avant de conclure, j'aimerais que vous preniez chacune la parole en quelques mots. Si vous aviez un message simple à adresser à nos partenaires qui nous écoutent, qu'est-ce que vous leur diriez ? On commence avec vous, Cécile.

Un mot de conclusion ?

Cécile Pouilley : J'ai envie de dire encore une fois que la cybersécurité, c'est vraiment l'affaire de tous et que ce n'est pas parce qu'ils sont petits qu'ils ne peuvent pas être ciblés.

Gilbert Roux : Awa ?

Awa Ndiaye : Les bons réflexes, les bonnes pratiques peuvent énormément changer les choses en cas de cyberattaque.

Gilbert Roux : Merci beaucoup à toutes les deux pour cet échange qui a été extrêmement éclairant. Alors moi je retiens surtout que la cybersécurité, ce n’est pas uniquement un sujet technique, c'est surtout un enjeu de confiance, d'organisation, d'accompagnement. On va dire un réflexe quotidien. Et pour le mot de la fin, j'aimerais citer une phrase que j'ai déjà entendue plusieurs fois en préparant ce genre d'émission, c'est : en matière de cybersécurité, la bonne question à se poser, ce n'est pas si vous subirez une cyberattaque un jour, mais quand cela arrivera.

Gilbert Roux : Merci beaucoup à Awa Ndiaye, merci Cécile Pouilley et je vous dis à bientôt, merci.

Cécile Pouilley : À bientôt. Merci.

Citation
Nous mettons à disposition des partenaires CGP et courtiers un catalogue de services dédié à la cybersécurité. Ce catalogue, disponible via Finagora, regroupe différents types de produits, de l'outillage, de la sensibilisation et de l'accompagnement” . Awa Ndiaye